Grosse envie de Gerbier !
Grosse envie de Gerbier !

Grosse envie de Gerbier !

3 septembre 2026 : pilier Martin et traversée des arêtes du Gerbier / 5 septembre 2026 : Pointe des Enfants. Les Vacances de Chloé.

Le pilier Martin se détache.

J’avais déjà goûté aux arêtes du Gerbier en 2022 en compagnie du guide de haute montagne Pierre Lainé. Il m’avait guidé sur le pilier de la Double Brèche, une magnifique voie débouchant sur les arêtes que nous avions ensuite traversées en partie. Quatre ans plus tard, nous y revoilà avec Olivier qui n’a jamais effectué cette traversée magique, en escaladant au préalable le pilier Martin. Cette voie à l’ancienne , moins difficile que le pilier de la Double Brèche, n’en demeure pas moins « gazeuze » et impressionnante au premier abord. Mais c’est surtout l’approche depuis Villard-de-Lans, le parking des Clos puis à pied jusqu’à ses contreforts en remontant environ 700 m de dénivelé qui est longue et fatigante, bien qu’exceptionnelle dans un massif que j’aime tant. Après avoir remonté la combe Charbonnière et emprunté le sentier Péronnard, nous voilà à nous demander où peut se situer ce pilier Martin dans cette gigantesque muraille barrant tout passage. De fait, il est bien reconnaissable grâce à sa large tâche ocre à sa base. Parvenus au pied de la première longueur sous le regard amusé de quelques chamois débonnaires, nous engloutissons rapidement les premiers mètres verticaux dans un rocher parfait. La voie ne possède que 3 véritables longueurs grimpantes, la suite s’effectuant à corde tendue jusqu’aux arêtes. L’ensemble est assez homogène dans le 4, une véritable escalade plaisir que nous recherchons de plus en plus au fur et à mesure que le temps passe.

Arrêt déjeuner sur les contreforts des arêtes (rappelons que c’est dans ses environs que Lionel Terray, vainqueur de l’Annapurna en 1950, est décédé ainsi que le jeune guide Marc Martinetti, en glissant bêtement sur l’herbe mouillée après avoir gravi la voie de la Fissure en Arc de Cercle le 19 septembre 1965) avant de commencer à effectuer la traversée qui nous mènera au rappel de descente puis au retour sur le sentier Péronnard. J’avais donc déjà parcouru cette partie des arêtes, mais lorsque nous voilà stoppés par une mini-brèche qui nous pose problème, j’ai beau tenter de me souvenir comment nous étions passés avec Pierre en 2022, impossible de me rappeler. Le rocher paraît peu franchissable et sans aucun spit, si bien qu’Olivier tente de trouver un cheminement côté Grenoble, mais sans résultat. Puis, finalement, en regardant de plus près cette même paroi, nous nous rendons compte qu’elle n’est finalement pas si difficile, un seul pas pouvant être problématique. Après ce petit problème qui nous aura occupés une dizaine de minutes, la suite est facile, tout autant aérienne et gazeuze à souhait. Arrivés au seul rappel de la voie après un passage ludique dans un petit canyon où nous sommes obligés de retirer nos sacs pour progresser, nous croisons une cordée qui s’en revient d’une escalade dans le 7 et qui a dans l’idée de remettre ça avant la nuit ! De notre côté, ce sera la descente avec un mal au genou lancinant pour ma part, jusqu’à la voiture environ 400 m en contrebas.

Grenoble, les lacs Robert et le final des Vacances de Chloé.

Lorsque j’ai rejoint Olivier pour ces quelques jours de grimpe, ce n’est pas du tout cette virée qui était notre objectif premier, mais l’arête Est du mont Viso en Italie. Une sacrée course dans un environnement exceptionnel, longue mais peu difficile, et que nous souhaitons réaliser depuis plusieurs années déjà. Hélas, en appelant le refuge, le gardien douche nos espoirs. Celui-ci est complet, et un éboulement s’est produit au pied de la voie compliquant d’autant l’accès à l’arête. Nous décidons finalement de ne pas y aller et de tenter à la place la traversée des trois pics de Belledonne, une autre belle bavante comprenant un dénivelé positif d’environ 1900 m dans un environnement incroyable. Mais sommes-nous prêts ?  La météo répondra finalement à notre place. Pas mal de vent en altitude nous fait renoncer à cette entreprise et nous finissons par nous rabattre sur une escalade bien plus sage (que nous visions également depuis quelques années) et non loin de Belledonne, à savoir Les vacances de Chloé à la pointe des Enfants, soit 9 longueurs dans du beau granit exigeant. Cela tombe bien…  ma fille Chloé est justement en vacances à la même époque !

La question est de savoir comment gravir les quelque 500 m de dénivelé de Chamrousse jusqu’à la croix du même nom, sans trop nous fatiguer, avant de poursuivre l’approche jusqu’au col des Lessines. Bingo ! Si le télécabine de la Croix est fermé à cette période de l’année, ce n’est pas le cas du télésiège de la Bérangère. Nous aurons même l’extrême confort de le reprendre à la descente. La voie proprement dite débute par un petit mur raide qui réveille. Nous avions fait demi-tour à cet endroit il y a quelques années à cause d’un embouteillage de cordées, mais aujourd’hui nous sommes seuls à l’attaque, ou presque. Olivier démarre et je ne tarde pas à le rejoindre tandis qu’une seconde cordée s’apprête à nous suivre.

Bientôt au soleil !

La suite de l’aventure verticale est de toute beauté après quelques longueurs de liaison. Le rocher est compact, la voie bien équipée dans le 4, et l’environnement changeant puisque nous passons en face sud et trouvons le soleil au niveau de la septième longueur. La seconde cordée est plus lente, et nous finissons par ne plus la voir ni l’entendre. L’arête finit par se coucher et rejoindre le sommet. Après avoir emprunté un petit rappel de 20 mètres, une pause casse-croute s’impose, puis nous rejoignons le télésiège salvateur, non sans avoir observé la seconde cordée débouchant juste au sommet alors que nous sommes en route pour le col des Lessines. Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage !

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